4. Bien-être

Améliorer le bien-être à l’école et à l’université

Les recherches sur le bien-être en milieu scolaire se développent depuis les années 1970. Elles connaissent un essor important depuis le début du millénaire, dans un contexte marqué par de profondes mutations socio-économiques, alors qu’une attention croissante est accordée au développement des personnes tout au long de la vie. La notion de réussite scolaire évolue et ne se limite plus aux performances académiques. L’école se voit dorénavant investie d’une mission considérable : elle doit préparer les jeunes citoyens à s’adapter à un monde qui change, où une partie des métiers d’aujourd’hui n’existeront plus demain, et où les professions de demain restent à inventer. Son rôle est, par conséquent, de permettre aux individus de de vivre pleinement leur vie, de réaliser leur potentiel, tout en participant activement à la vie économique et sociale. Dans cette perspective, la question du bien-être à l’école ou à l’université devient un objet de recherche à part entière, qui englobe le devenir des élèves, leur épanouissement, leurs relations sociales, etc.[1].

Les difficultés à conceptualiser et à mesurer le bien-être se posent à l’école comme ailleurs. Elles constituent un obstacle considérable au développement des travaux dans ce champ. Même si le bien-être est parfois envisagé de façon quelque peu restrictive comme une dimension de la santé, à dissocier de questions plus « purement scolaires » comme les apprentissages ou les compétences[2], il est généralement admis qu’il est composé « d’affects positifs et négatifs, mais aussi d’une composante de satisfaction de vie, qualifiée de cognitive »[3].

Les recherches de l’axe sur l’amélioration du bien-être à l’école et à l’université s’orientent principalement dans trois directions :

  • une réflexion conceptuelle sur les notions de bien-être, de bonheur et de qualité de vie dans le domaine scolaire et universitaire, en explorant à la fois leurs dimensions objectives et subjectives, afin d’assurer un cadre théorique solide à nos travaux. Une veille systématique de la littérature sur ces questions est mise en œuvre.
  • des collaborations interdisciplinaires, notamment entre sociologie, psychologie, sciences de l’éducation et sciences de la vie, visant à décloisonner les approches, à varier les contextes et à associer les dimensions extra-scolaires, de façon à parvenir à une meilleure compréhension de cette construction collective multifactorielle qu’est le bien-être.
  • des interventions auprès d’élèves, d’étudiants et d’enseignants, avec un double objectif double : d’une part, faire baisser de façon significative l’anxiété et le stress dans les écoles, tout en favorisant la capacité d’attention et la résilience, à l’aide de programmes d’intervention validés (psychologie positive, mindfulness), d’autre part, faire progresser les connaissances à travers des recherches-actions à partir d’une analyse réflexive et d’évaluations qualitatives des interventions visant à préciser les résultats. Ce volet s’accompagnera d’un recensement des initiatives existantes, pour mieux appréhender ce qui est déjà mis en place dans différents établissements.

Coordination : Gaël Brulé (université de Rotterdam) et Rebecca Shankland (université de Grenoble)

[1] Voir notamment Guimard, P., Bacro, F. et Florin, A. (2013) Évaluer le bien-être des élèves à l’école et au collège. In F. Bacro (éd.) La Qualité de vie. Approches psychologiques (p. 45-64). Rennes : PUR, 2013.

[2] Fouquet-Chauprade, B. (2014). Bien-être et ressenti des discriminations à l’école. une étude empirique en contexte ségrégué. L’Année sociologique, 64. 2, p. 421-444.

[3] Fenouillet, F., Heutte, J., Martin-Krumm, C. et Boniwell, I. (2014). Validation française de l’échelle multidimensionnelle Satisfaction de vie chez l’élève. Revue Canadienne Des Sciences Du Comportement, p. 1-8.

Concrètement